8 Mai 2015

Interpellation à l’Assemblée nationale - L’indépendance, en soi, ne peut jamais être négative

Québec, le 8 mai 2015 – Lors d’une interpellation à l’Assemblée nationale, le député de Chicoutimi et chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, et la députée de Joliette, Véronique Hivon, ont fait valoir au gouvernement libéral la nécessité pour le Québec de disposer de tous ses leviers de décision pour faire ses propres choix budgétaires et pour son développement économique, social et culturel.

« Nous aurons tous les avantages à décider nous-mêmes de l’utilisation des 50 milliards que les Québécois envoient à Ottawa chaque année. Par exemple, le pays du Québec se doterait d’une véritable politique énergétique et industrielle qui serait fidèle à son image et à ses forces et qui miserait sur ses avantages stratégiques. Parler de liberté, de faire tous nos choix, d’assumer notre avenir, ce n’est pas être déconnecté. Comme l’Écosse, la Catalogne et plusieurs autres nations à travers le monde, nous sommes d’avis que la question de la liberté sera toujours pertinente. Le gouvernement fédéral, lui, ne considère pas le Québec, ne considère pas ce que nous sommes. Il fait des choix qui nous désavantagent. Les Québécois sont riches. Avec tous nos pouvoirs, nous pourrions bâtir la meilleure politique familiale au monde, être les champions de l’égalité des chances et du développement durable. Nous pourrions aussi élaborer une politique énergétique dans laquelle le fleuve serait un réel vecteur de développement, pas une autoroute pour le transport du pétrole des sables bitumineux », a déclaré Stéphane Bédard.

Véronique Hivon a pour sa part illustré les raisons de faire l’indépendance avec l’image d’une maison à trois étages : « D’abord, il y a le socle : la défense et la promotion de notre culture, de notre identité et de notre langue; puis viennent les raisons liées à la liberté de faire nos propres choix politiques et économiques; enfin, au dernier étage, c’est l’espace international, où le Québec doit pouvoir se faire valoir, non pas se contenter de chuchoter à l’oreille du représentant canadien. Pour toutes ces raisons, entre autres, le Québec doit devenir un pays. »

Par ailleurs, en plus de rappeler les nombreux dédoublements existant entre le fédéral et le gouvernement du Québec, la députée a souligné qu’en matière de santé et de services sociaux, le fédéral ne se gêne pas pour empiéter sur la compétence québécoise. En outre, elle a fait ressortir que dans le domaine social, plus souvent qu’autrement, la vision fédérale freine le plein déploiement de celle du Québec.

« L’indépendance, c’est une question normale et légitime pour un peuple. Nous avons demandé au gouvernement libéral et fédéraliste quels peuvent être les avantages, pour le Québec, de demeurer au sein du Canada; de nouveau, il n’a pu répondre. Lorsqu’il est temps de se questionner sur l’avenir des Québécoises et des Québécois, les caquistes sont absents et les libéraux jouent de cynisme en multipliant des citations du passé. Ils sont  incapables de nous fournir des arguments en faveur de la thèse selon laquelle rester au sein du Canada est gage d’un meilleur avenir pour le Québec. Nous, nous avons fait la démonstration que l’indépendance, en soi, ne peut jamais être négative », a conclu Stéphane Bédard.