28 Juin 2010

Véronique Hivon réagit à propos du déménagement de l'équipe du Directeur des poursuites criminelles et pénales au coût de 2,3 M$. «Le principe d'indépendance du DPCP utilisé pour justifier l'injustifiable, en toute incohérence!»

Québec, le lundi 28 juin 2010 – La députée de Joliette et porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon, juge totalement inadmissibles les dépenses de 2,3 M$ engendrées par la décision de déménager l’équipe du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) hors de l’édifice abritant les bureaux du ministère de la Justice, sans compter l’augmentation de loyer qui fera plus que doubler, passant de 400 000 $ à 1 M$ par année, le tout, au nom de l’indépendance de l’institution.

« On nous dit que le principe d’indépendance exige ce déménagement, sans regarder à la dépense, bien qu’il se fasse pour aller simplement de l’autre côté de la rue, comme par hasard dans un édifice flambant neuf! En outre, on garde à l’intérieur du Palais de justice de Québec les procureurs qui doivent y plaider, bien que ce palais de justice abrite aussi les bureaux de la Direction des services judiciaires du ministère de la Justice. Cherchez la cohérence! Cette décision est particulièrement odieuse lorsque l’on constate les efforts qui sont demandés à l’ensemble de la population en ces temps budgétaires difficiles », dénonce Véronique Hivon.

Mme Hivon souligne que ce motif de l’indépendance est invoqué à outrance, quand cela est pratique pour le gouvernement, alors que la ministre de la Justice y porte atteinte dans des circonstances autrement plus importantes. « Nous avons appris, par le biais d’une demande d’accès à l’information, que le Directeur des poursuites criminelles et pénales lui-même, Me Louis Dionne, a été mandaté comme haut fonctionnaire pour représenter le ministère de la Justice lors de la Conférence fédérale-provinciale des sous-ministres de la Justice de janvier dernier. Comment justifier que Me Dionne soit chargé de présenter les positions du ministère de la Justice du Québec, de surcroît sans la présence d’aucun sous-ministre en titre ou associé du ministère, lorsque l’on sait qu’on y aborde non seulement des questions de politique criminelle, dont la ministre est d’ailleurs la responsable en vertu de la loi, mais aussi des questions de droit de la famille, de droit des victimes ou d’aide juridique! Non seulement cette décision était inadmissible, mais elle est en parfaite contradiction avec les raisons invoquées aujourd’hui pour justifier des dépenses de déménagement exorbitantes. Comment la ministre Weil peut-elle nous expliquer une telle incohérence? Pour une fois, nous aimerions l’entendre! », a conclu Véronique Hivon.