Parti QuébécoisVéronique Hivon, Joliette
Porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, de protection de la jeunesse et d'adoption internationale

Charest discrédite la commission Bastarache, affirme Véronique Hivon


Jean Charest a discrédité la commission Bastarache en répliquant promptement aux déclarations de l'avocat Marc Bellemare, tel qu’il l’a fait à la fin de la première journée des travaux de cette commission d'enquête, mardi.

C'est l'opinion qu’a émise mercredi Véronique Hivon, critique de l'opposition officielle en matière de Justice.

Selon la députée de Joliette, le premier ministre a démontré que la première journée du témoignage de Me Bellemare avait été éprouvante pour lui en convoquant la presse « dans un état de panique » pour faire une « courte déclaration ».

En agissant de la sorte, M. Charest a court-circuité la Commission d'enquête qu'il avait créée justement pour faire la lumière sur les allégations faites par Marc Bellemare en avril 2010, a signalé Mme Hivon.

« Depuis des mois, le premier ministre et les ministres nous disent qu'il faut attendre la Commission Bastarache. Et dès la première journée et le premier ministre sort pour dire que ce qui est dit devant ce forum n'est pas vrai.

Il discrédite la commission, son avocat et les avocats du gouvernement et du Parti libéral. Va-t-il présenter sa défense en conférence de presse chaque fois qu'il sera en désaccord avec des affirmations faites devant la commission? », a dit la députée péquiste.

Interférence

Véronique Hivon s'est dite estomaquée par une autre allégation sortie mardi de la bouche de Marc Bellemare selon laquelle un ex-membre du cabinet du premier ministre Charest, l'avocat Denis Roy, lui aurait demandé en 2003 d'intervenir dans un procès en cour criminelle. Allégation que Me Bellemare a d'ailleurs répétée mercredi matin devant la commissaire d'enquête sur le processus de nomination des juges.

« En démocratie, il doit y avoir une étanchéité et une indépendance complète entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif. C'est une révélation grave qui implique un membre du Barreau et un individu (Me Denis Roy) qui occupe encore une fonction importante au sein de l'appareil judiciaire soit président de la Commission des services juridiques qui est en charge de la bonne administration dans le réseau des services d'aide juridiques au Québec », a exposé Mme Hivon.

La députée a de plus signalé que le mandat confié à la Commission Bastarache ne lui permettait pas d'investiguer sur cette « allégation très sérieuse » de Me Bellemare.

Elle a demandé au nouveau ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, de rencontrer Me Denis Roy et de faire la lumière sur cette question.

Source:

Canoë / Agence QMI
Par Régys Caron
Le 25 août 2010

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