Véronique Hivon: «Des allégations excessivement graves»
À Québec, les propos de l’ancien ministre Marc Bellemare ont fait bondir les partis d’opposition.
Pour la critique péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, il s’agit d’allégations «excessivement graves». «Le témoignage implique directement le premier ministre, son intégrité, sa parole, lance-t-elle. On est en droit de se demander si c’est les collecteurs de fonds qui mènent au gouvernement.»
Devant la commission, ce matin, Marc Bellemare a fait état de la pression qu’a exercée sur lui le collecteur de fonds du Parti libéral Franco Fava dans la nomination de certains juges en 2003. Il affirme que le premier ministre jean Charest lui aurait demandé d’écouter M. Fava.
«Il semble que le premier ministre accorde plus d’importance au respect des collecteurs qu’à son propre ministre de la Justice, poursuit la porte-parole péquiste. Est-ce que c’est la même chose pour les ministres de la Famille, des Transports? Les Québécois sont en droit de se poser la question.»
Un «détonateur»?
Pour sa part, la députée adéquiste de Lotbinière, Syvie Roy, espère que la commission Bastarache servira de «détonateur» pour déclencher une commission sur la construction et le financement des partis politiques.
«Si les allégations de Me Bellemare sont avérées, il est tout à fait inacceptable que la volonté d’un contributeur du parti passe par-dessus celle d’un ministre», a dit Mme Roy, sur les ondes de LCN à 13 heures mardi, après avoir entendu la première partie du témoignage de l’ancien ministre de la Justice Marc Bellemare.
Avocate de profession, Sylvie Roy considère que, Marc Bellemare est un témoin crédible. Elle ajoute toutefois que la commission vient de commencer, que d’autres témoins crédibles seront interrogés et que seulement à la fin du processus il sera possible de corroborer ou non les dires de l’ancien ministre.
Démission demandée
De son côté, le député de Québec Solidaire Amir Khadir estime que le premier ministre Charest doit démissionner devant l’accumulation des faits troublants envers le gouvernement.
«S’il n’y avait que M. Bellemare pour alléguer que le financement du Parti libéral entraîne des décisions indues, ça serait la parole de l’un contre celle de l’autre. Mais il y a une myriade d’informations qui sont disponibles sur le secteur de la construction, du génie-conseil, dans le monde municipal, c’est la famille libérale, c’est difficile de croire les dénégations de M. Charest», a dit M. Khadir.
Selon le député de Mercier, le témoignage de M. Bellemare vient d’aggraver la crise politique qui s’abat sur le gouvernement.
«Des décisions importantes qui démocratiquement appartiennent au peuple sont prises sous l’influence de collecteurs de fonds (...) M. Charest n’a pas saisi l’opportunité de défaire le système. La seule issue pour lui c’est de démissionner le plus rapidement possible.»
Source:
TVA Nouvelle et Agence QMI
Le 24 août 2010


