Parti QuébécoisVéronique Hivon, Joliette
Porte-parole de l'opposition officielle en matière de Justice, de protection de la jeunesse et d'adoption internationale

Véronique Hivon: «L'étau se resserre» sur Jean Charest


QUÉBEC - Les allégations de l’avocat Marc Bellemare, mardi, devant la commission Bastarache, ont resserré l’étau sur le premier ministre Jean Charest et son gouvernement, croient les députés de l’opposition à l’Assemblée nationale.

«On est en droit de se demander si ce sont les collecteurs de fonds du Parti libéral qui mènent au gouvernement», a suggéré la députée Véronique Hivon, critique de l’opposition officielle en matière de justice. Se défendant d’accorder au témoignage de Marc Bellemare davantage de crédibilité qu’aux affirmations du premier ministre, Mme Hivon a souligné que les affirmations des deux hommes étaient en totale contradiction.

«Les allégations de M. Bellemare impliquent directement le premier ministre, sa parole et son intégrité. Le premier ministre accorderait plus d’importance à ses collecteurs de fonds qu’à son ministre de la Justice. Est-ce que c’est la même chose avec son ministre de la Famille, avec son ministre des Transports. L’étau se resserre de plus en plus sur M. Charest», a affirmé la députée péquiste de Joliette.

La seule issue pour le premier ministre est de déclencher une commission d’enquête élargie sur le financement des partis politiques et l’octroi de contrats par le gouvernement, a poursuit Mme Hivon.

Démissionner

De son côté, le député de Québec Solidaire Amir Khadir estime que le premier ministre Charest doit démissionner devant l’accumulation des faits troublants envers le gouvernement. « S’il n’y avait que M. Bellemare pour alléguer que le financement du Parti libéral entraîne des décisions indues, ça serait la parole de l’un contre celle de l’autre. Mais il y a une myriade d’informations qui sont disponibles sur le secteur de la construction, du génie-conseil, dans le monde municipal, c’est la famille libérale, c’est difficile de croire les dénégations de M. Charest», a dit M. Khadir.

Selon le député de Mercier, le témoignage de M. Bellemare vient d’aggraver la crise politique qui s’abat sur le gouvernement. «Des décisions importantes qui démocratiquement appartiennent au peuple sont prises sous l’influence de collecteurs de fonds (...) M. Charest n’a pas saisi l’opportunité de défaire le système. La seule issue pour lui c’est de démissionner le plus rapidement possible.»

Du côté de l’Action démocratique du Québec, la députée de Lotbinière Sylvie Roy espère que la commission Bastarache servira de «détonateur» pour déclencher une commission sur la construction et le financement des partis politiques.

«Si les allégations de Me Bellemare sont avérées, il est tout à fait inacceptable que la volonté d’un contributeur du parti passe par-dessus celle d’un ministre», a dit Mme Roy. À son avis, l’avocat a livré un témoignage «costaud et crédible qui va colorer tous les autres».

Elle ajoute toutefois que la commission vient de commencer, que d’autres témoins crédibles seront interrogés.

Source:

Agence QMI
Par Régys Caron
Le 24 août 2010

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