Véronique Hivon s'exprime sur les déclarations faites par Marc Bellemare
Article intitulé «Commission Bastarache - Charest est pris au piège, dit l'opposition»
Jugeant «graves» les déclarations faites sous serment par Marc Bellemare, les partis d'opposition croient que Jean Charest est pris à son propre jeu et n'a d'autre choix que de tenir une véritable commission d'enquête sur l'influence des collecteurs de fonds sur les décisions du gouvernement libéral.
«Ces allégations impliquent directement le premier ministre, l'intégrité du premier ministre, sa parole, parce qu'il y a vraiment collision frontale entre les deux hommes», a souligné la députée de Joliette et porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon. «On est en droit de se demander si ce sont les collecteurs de fonds qui mènent au gouvernement.»
De son côté, la députée de Lotbinière et critique adéquiste en matière de justice, Sylvie Roy, a dit espérer que la commission Bastarache soit «le détonateur» pour la tenue d'une enquête sur l'industrie de la construction et le financement des partis politiques. «Le problème, c'est quand le premier ministre dit [à Marc Bellemare], là, tu écoutes Fava», a signalé Sylvie Roy, qui a trouvé que l'ancien ministre de la Justice «a témoigné de façon solide».
Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, croit qu'avec la commission Bastarache qui permet à Marc Bellemare de déballer son sac dans le détail, Jean Charest «vient d'aggraver son cas».
«La seule issue que je vois pour M. Charest, pour sauver son honneur, c'est de démissionner le plus rapidement possible», a fait valoir Amir Khadir.
Selon le député de Mercier, il est «difficile de croire aux dénégations de M. Charest» puisqu'il n'y a pas que les déclarations de son ancien ministre qui pèsent dans la balance. «C'est l'ensemble des informations qui sont disponibles qui nous dit qu'il y a un accroc sévère à la démocratie», citant la démission notamment du ministre de la Famille, Tony Tomassi, et le financement «sectoriel» du PLQ par des entreprises comme la firme d'ingénierie AXOR. Le témoignage de Marc Bellemare est «une confirmation du faisceau d'informations qu'on reçoit depuis un an, un an et demi.»
Les collecteurs de fonds mis en cause, Franco Fava et Charles Rondeau, n'ont pas rappelé Le Devoir hier. Au bureau de la juge Line Gosselin-Després, on a indiqué qu'elle ne ferait aucun commentaire. Pour les juges Marc Bisson et Michel Simard, c'est la nouvelle juge en chef de la Cour du Québec, Élizabeth Corte, qui a répondu à leur place. Dans une déclaration lue au Devoir par son bureau, la juge précise que «les travaux de la commission Bastarache n'ont aucun impact sur la Cour du Québec, dont les activités régulières se passent normalement». La juge Corte «estime que son devoir de réserve lui commande de ne faire aucun commentaire tant sur l'ensemble de la situation qui a mené à la création de la commission que sur ses travaux».
Source:
Le Devoir
Par Robert Dutrisac
Le 25 août 2010
Jugeant «graves» les déclarations faites sous serment par Marc Bellemare, les partis d'opposition croient que Jean Charest est pris à son propre jeu et n'a d'autre choix que de tenir une véritable commission d'enquête sur l'influence des collecteurs de fonds sur les décisions du gouvernement libéral.
«Ces allégations impliquent directement le premier ministre, l'intégrité du premier ministre, sa parole, parce qu'il y a vraiment collision frontale entre les deux hommes», a souligné la députée de Joliette et porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon. «On est en droit de se demander si ce sont les collecteurs de fonds qui mènent au gouvernement.»
De son côté, la députée de Lotbinière et critique adéquiste en matière de justice, Sylvie Roy, a dit espérer que la commission Bastarache soit «le détonateur» pour la tenue d'une enquête sur l'industrie de la construction et le financement des partis politiques. «Le problème, c'est quand le premier ministre dit [à Marc Bellemare], là, tu écoutes Fava», a signalé Sylvie Roy, qui a trouvé que l'ancien ministre de la Justice «a témoigné de façon solide».
Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, croit qu'avec la commission Bastarache qui permet à Marc Bellemare de déballer son sac dans le détail, Jean Charest «vient d'aggraver son cas».
«La seule issue que je vois pour M. Charest, pour sauver son honneur, c'est de démissionner le plus rapidement possible», a fait valoir Amir Khadir.
Selon le député de Mercier, il est «difficile de croire aux dénégations de M. Charest» puisqu'il n'y a pas que les déclarations de son ancien ministre qui pèsent dans la balance. «C'est l'ensemble des informations qui sont disponibles qui nous dit qu'il y a un accroc sévère à la démocratie», citant la démission notamment du ministre de la Famille, Tony Tomassi, et le financement «sectoriel» du PLQ par des entreprises comme la firme d'ingénierie AXOR. Le témoignage de Marc Bellemare est «une confirmation du faisceau d'informations qu'on reçoit depuis un an, un an et demi.»
Les collecteurs de fonds mis en cause, Franco Fava et Charles Rondeau, n'ont pas rappelé Le Devoir hier. Au bureau de la juge Line Gosselin-Després, on a indiqué qu'elle ne ferait aucun commentaire. Pour les juges Marc Bisson et Michel Simard, c'est la nouvelle juge en chef de la Cour du Québec, Élizabeth Corte, qui a répondu à leur place. Dans une déclaration lue au Devoir par son bureau, la juge précise que «les travaux de la commission Bastarache n'ont aucun impact sur la Cour du Québec, dont les activités régulières se passent normalement». La juge Corte «estime que son devoir de réserve lui commande de ne faire aucun commentaire tant sur l'ensemble de la situation qui a mené à la création de la commission que sur ses travaux».
Source:
Le Devoir
Par Robert Dutrisac
Le 25 août 2010


