Mourir dans la dignité. Il est temps d'en parler ouvertement! 

Journal L’image, le 3 juin 2010 – Euthanasie, suicide assisté, acharnement thérapeutique, refus de traitement, arrêt de traitement, testament de vie, soins palliatifs, sédation… nous le voyons, cette simple énumération donne une idée de l’ampleur du sujet. La question de mourir dans la dignité soulève de vifs débats et bouleverse souvent nos convictions les plus profondes.

Une commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité a été mise sur pied suite à une motion déposée en décembre dernier à l’Assemblée nationale par la députée de Joliette, Mme Véronique Hivon. « (…) à partir du moment où les citoyens interpellent les élus, où il y a un débat de société, que les ordres professionnels, des médecins, des associations de retraités, des mouvements citoyens prennent position et demandent aux élus de faire le débat, bien je pense que c’est notre responsabilité de le faire et de donner toute la place pour qu’il se fasse sereinement. »

Nommée vice-présidente de cette commission spéciale, Véronique Hivon déposait la semaine dernière en compagnie du président, M. Geoffrey Kelley, l’important document de consultation préparé pour l’ensemble des intervenants et de la population, lançant ainsi le vaste débat public qui doit avoir lieu sur la question.

« Nous croyons que les Québécoises et les Québécois souhaitent ce grand débat de société et qu’ils sont prêts à prendre part à une réflexion qui ne cesse de prendre de l’ampleur tant ici que dans de nombreux autres pays, de préciser Véronique Hivon, lors d’un point de presse la semaine dernière. (…) c’est une question qui interpelle les gens au plus profond d’eux-mêmes, qui interpelle la condition humaine et qui a une résonance éthique très forte. »

La population québécoise est donc invitée à s’exprimer sur les divers enjeux entourant la question de mourir dans la dignité, dont les soins en fin de vie, l’euthanasie et le suicide assisté, qui sont les principales préoccupations sur le sujet. La première étape pour participer est certainement de consulter le document mis en ligne sur assnat.qc.ca.

Préparé par des experts, ce document de consultation mérite d’être considéré. Bien fait, il explique de manière simple et claire toute la complexité de la question. Présentant des exemples concrets, il offre au lecteur des pistes de réflexion sur l’ensemble du phénomène aujourd’hui. On y apprend également les rudiments de la législation sur la matière, et que les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et deux États, l’Oregon et Washington, ont légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté, ou les deux.

Ceux et celles qui aimeraient transmettre un mémoire à la commission ont jusqu’au 16 juillet pour le déposer. Même date pour ceux et celles qui souhaitent faire une intervention public lors du passage de la commission dans 11 villes du Québec (Baie-Comeau, Gaspé, Gatineau, Montréal, Québec, Rimouski, Rouyn-Noranda, Saguenay, Saint-Jérôme, Sherbrooke et Trois-Rivières). Il est aussi possible de participer au débat en répondant au questionnaire en ligne sur le site assnat.qc.ca.

« Nous sommes conscients de la complexité de la démarche sur ce sujet sensible, écrit Véronique Hivon en introduction du document de consultation, mais nous sommes heureux de relever le défi avec tous les citoyennes et les citoyens qui, avec nous, réfléchiront à la manière d’assurer une mort digne à tous. En tout temps, nous n’aurons qu’un seul guide : le bien-être et le respect de la personne humaine dans toute la complexité de sa vie, de sa fin de vie et de sa mort. »

Au terme de cet exercice, les députés de la commission spéciale espèrent formuler des recommandations et les soumettre aux autorités compétentes. Doit-on légaliser le suicide assisté? Doit-on craindre des dérives? Peut-on les prévenir? Comment trancher entre l’autonomie et ce que certains appellent le respect du caractère sacré de la vie? Comment concilier les volontés individuelles et le bien commun? Jusqu’où peut-on aller au nom de la compassion? Que veut dire, finalement, mourir dans la dignité?

À nous tous, maintenant, d’en parler ouvertement!

 

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