Pénurie de personnel: une preuve que la maternelle 4 ans est irréaliste

Journal de Québec, le 22 août 2019. Le manque criant de personnel dans les services de garde démontre encore une fois à quel point le projet d’offrir la maternelle 4 ans à tous est irréaliste, affirme le Parti québécois, qui craint que la pénurie ne pénalise les tout-petits.   

 Dans les commissions scolaires de la région de Québec, 200 emplois sont toujours à pourvoir dans les services de garde scolaires, à une semaine de la rentrée.        

  •  Véronique Hivon était à l’invitée de Jonathan Trudeau sur QUB radio:    

 

 «C’est extrêmement préoccupant», selon Véronique Hivon, porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, qui n’hésite pas à parler d’une «crise».     

 Or la situation ne peut qu’empirer au cours des prochaines années, puisque le ministre Roberge prévoit ouvrir 2600 nouvelles classes de maternelle 4 ans d’ici cinq ans.      

 «Ce n’est pas faisable, on le voit bien, on n’y arrive déjà pas», lance-t-elle.      

 Selon les calculs du Parti québécois, 500 nouveaux éducateurs devront être embauchés dans les services de garde au cours des prochaines années pour y accueillir les enfants de 4 ans.      

 Or Mme Hivon se questionne sur les compétences du personnel qui sera recruté dans un contexte de pénurie, en soulignant que les enfants de maternelle passent presque autant de temps au service de garde qu’en présence d’un enseignant, en raison d’un horaire de classe écourté au préscolaire.        

 «C’est très important que ces gens-là soient formés, sinon ce sont les enfants qui vont en pâtir, alors que tout le projet est supposé rehausser la qualité éducative pour les enfants de 4 ans», estime Mme Hivon.      

 Roberge reconnaît son erreur  

 M. Roberge a également réagi jeudi matin à une lettre du président de l’Assemblée nationale, qui le rappelait à l’ordre dans le dossier des experts new-yorkais et ontariens venus témoigner en commission parlementaire aux frais de son ministère.

« Je suis très content que M. Paradis ait exprimé qu’il y avait un flou. […] Je suis content que M. Paradis clarifie les choses, c’était flou », a déclaré le ministre.

Pourtant, la lettre de François Paradis affirmait clairement que, même s’il n’existe pas de « règles encadrant spécifiquement le remboursement des témoins pour leurs frais de déplacement en commission parlementaire », la « pratique suivie à ce jour » ne permet pas aux ministères et organismes de rembourser des intervenants venus témoigner en commission parlementaire.

Malgré cela, M. Roberge a finalement offert un « mea culpa », en citant l’appel à l’humilité lancé par le premier ministre François Legault lors l’assermentation de ses ministres.

« Oui, c’était flou, mais c’était quand même une erreur de ne pas faire toutes, toutes, toutes les vérifications et de ne pas les faire venir en visioconférence, a-t-il déclaré. Nous aurions dû les faire venir par visioconférence. »

Au printemps dernier, le ministre affirmait plutôt qu’il s’agissait d’une « excellente idée ». Encore en début de semaine, M. Roberge assurait que : « Ce n’était pas possible de faire autrement ». 

 Le nombre de classes crée la confusion 

 À quelques semaines de l’ouverture des premières maternelles 4 ans, les partis d’opposition ont pressé le gouvernement de clarifier le nombre de classes qu’il prévoit créer.  

À quelques semaines de l’ouverture des premières maternelles 4 ans, les partis d’opposition pressent le gouvernement de clarifier le nombre de classes qu’il prévoit créer.

 Au cours des derniers mois, le nombre de classes promises n’a cessé de diminuer. En campagne électorale, la CAQ avait promis 5000 classes, un chiffre qui a baissé à 2600 classes un horizon de cinq ans.  

 À terme, Véronique Hivon fait remarquer que le Plan des infrastructures québécoises 2019-2029 fait pourtant état d’«environ 1000 classes» qui seront construites dans les 10 prochaines années. Ce chiffre est nettement moindre que celui promis en campagne électorale par la Coalition Avenir Québec.  

 Pour Marwah Rizqy, il s’agit d’un «gros show de boucane pour tenir une promesse que, clairement, le gouvernement n’est pas en mesure de tenir.»  

 Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, a tenté de clarifier la situation. «Dans le budget, on parle de 1000 classes, seulement pour le budget de cette année. Au mois de juin on a annoncé 1,7 milliard d’argent neuf pour de l’ajout d’espace», ajoute-t-il.  

 Dès la rentrée, 250 classes de maternelle 4 ans ouvriront leurs portes pour l’année scolaire 2019-2020.  

 – Avec la collaboration de TVA Nouvelles

 

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